jeudi 6 mai 2010

Des chiffres et des lettres

France de merde. Les épiceries qui restaient ouvertes jusqu'à tard dans la nuit (au niveau de la porte de Bourgogne) sont maintenant obligées de fermer leur rideau à deux heures. Les salles de concert ne sont plus subventionnées. Les voisins appellent les flics au lieu de venir dire qu'il y a trop de bruit. Et dans un centre-ville animée, le moindre pet de mouche te vaut une convocation au tribunal. Que j'ai hâte de vivre dans cette France maison de retraite ! Paris perd sa nuit. Rennes perd sa rue de la soif. Toulouse interdit l'alcool sur la voie publique 365 jours par an. Et personne ne trouve à redire. Dans une époque où le principal problème du tenancier de bar c'est le voisinage pas content, je me demande bien ce qu'il va se passer dans dix ans. Et ce sont les même vieux qui se plaignent du bruit qui t'empêchent d'accéder à un emploi correct parce qu'ils s'y sentent bien. Et c'est pas parce qu'ils ont fait mai 68 que maintenant ils vont se casser le cul à faire de la place à la jeunesse. L'Europe est vieillissante et il va falloir attendre longtemps avant de voir les baby-boomers abandonner le pouvoir, les emplois et le pognon. Il serait plus que temps d'abandonner le navire et de les laisse crever dans leurs déjections ou de faire une mutinerie (même si je n'ai jamais été grandement révolutionnaire). Parce que finalement on sera bien dans des villes où les emplois seront effectués par des grabataires, où la politique culturelle se désintéressera totalement de la diversité (et c'est pas pour ça qu'on aura des places moins chères à l'opéra), où les bars fermeront à 23 heures pour mieux nous envoyer vers des boites minables en banlieue. Dans l'Europe idéale de demain, des centre-villes agréables débarrassés de toutes les minorités accueilleront tous les touristes enthousiastes de dépenser leur argent. Et ceci avant 23 heures bien sûr. Vivement demain.

Et oui, ce blog ne publiera plus que des messages bourrés et aigris.

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