vendredi 25 juin 2010

This is a trailer, bitch

Alors que je répète mentalement les éventuelles réponses que je pourrais donner à toutes les questions possibles de l'oral de mardi, j'en viens à me demander, de manière rhétorique, à quoi ça sert de vouloir devenir journaliste. Puisqu'évidemment, cet entretien va surtout être un bras de fer mental pour savoir si je suis fait de ce bois. Devenir un mélange d'originalité et de conformisme, un espèce de super je-sais-tout qui ne fera que survoler tous les sujets.
Il y a dans mon entourage un mauvais génie (mais finalement empreint de justes idéaux) qui me titille sans cesse sur ce qu'est capable de faire un jeune journaliste pour avoir de l'attention, je l'aime bien parce qu'il m'aide à préparer l'oral finalement, et il y a beaucoup de gens qui crachent volontiers sur les étudiants de l'école ou sur la presse française en général. Le métier n'est plus flamboyant, le métier est dur, ingrat, obscène, vieillissant, complaisant, en déroute, à l'agonie... Foutaises, évidemment que c'est difficile, bande de pleurnichards, évidemment qu'il y a des côtés merdiques, mais au risque d'asséner un poncif : je ne vois pas en quoi il est différent des autres. Il y a chez le journalisme une sorte d'aura négative qui force ceux qui n'y connaissent rien à se demander à quoi ça sert encore, ceux qui pourraient se diriger dans cette voie à la rejeter parce qu'elle ne correspond plus à leurs idéaux... Sans oublier, la rude concurrence entre les participants de ce Battle Royale intellectuel. Cela vient surement du fait que petit à petit mon entourage regorge de journalistes, aspirants, blogueurs et écrivains à la petite semaine. Et donc toute cette aura négative, associée à de francs encouragements et une propension pathologique à tout faire à la dernière minute provoque en moi un stress exponentiel.

Je ne me rappelle pas avoir connu un tel stress depuis l'attente dans les couloirs du lycée pour l'oral de rattrapage du bac. J'aime bien le stress, parce quand il apparait chez moi, et c'est malheureusement rare quand il s'agit de ma vie scolaire, je deviens concentré. J'en oublie même d'aller chercher mon maigre salaire de stagiaire, ou de faire cracher tous les types/organismes qui me doivent du fric (tant mieux, cela me fera un budget vacances plus conséquent). Du coup même si je n'ai ni sujet libre, ni article à présenter pour le moment mon étau se resserre. Je découvre owni avec plaisir, je me rends compte que Wikileaks est très moche, je rouvre mes vieux livres, j'achète des magazines que je n'achète jamais d'habitude... C'est presque grisant de se dire qu'on est à un point capital, que l'avenir s'arrête au résultat d'un entretien de trente minutes. Je n'ai rien de prévu après le 7 juillet. Je pourrai mourir le jour même que ça n'empêcherait aucun projet réel. Cela ne m'empêchera pas de rebondir en cas d'échec (non prévu) ou de continuer à aider les copains dans leurs aventures sur l'interweb (I'm talking to you, Tamiflette).

Je serai prêt à en découdre quand le moment se présentera. Je vais bouffer du jeune puceau de prépa par paquets de douze et essayer de me placer au dessus des vieux briscards des concours. Faire le beau, l'original, le concerné, le conscient et le glandeur magnifique. Je serai bien sapé, rasé de près, aucune note, une bouteille de coca savamment réfrigérée au préalable et une playlist de l'enfer en mode "je vais tous les bouffer". Il va y avoir du sang, il va y avoir des larmes et je n'aurai surement pas le budget pour les explosions mais je vais faire mon trou comme il faut, avec une scie circulaire rouillée.

En exclusivité, pour toi lecteur, DA SOUNDTRACK
The Hives - Hate To Say I Told You So
Black Sabbath - Iron Man
Dalëk - A Beast Caged
JJ72 - Serpent Sky
Marco Polo & Torae - Double Barrel
Poney Poney - Cross The Fader
Surkin - Radio Fireworks
Arcade Fire - Poupée de cire, poupée de son
Asian Dub Foundation - La Haine
Björk - Pluto
The Dresden Dolls - Girl Anachronism
The Blood Brothers - Set fire to the face of fire
Vitalic - Newman
Converge - Homewrecker
Wolfmother - Joker & The Thief
Deftones - When Girls Telephones Boys
Propellerheads - On Her Majesty's Secret Service
Portishead - Machine Gun
Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son
Edwin Starr - War
Apostle of Hustle - Kings and Queens
Justice - Stress [Auto Remix]
Stupeflip - Le Crou ne mourra jamais
Battles - Atlas
Happy Tree Friends Theme
Iron Maiden - Run To The Hills
Didier Super - Comme un enfant au Brésil
Sepultura - Mass Hypnosis
Teenage Bad Girl - Cocotte
Aphex Twin - Come To Daddy
Vivaldi - L'été
Ennio Morricone - Per Qualche Dollaro In Più
Phoenix - Lisztomania
T.T.C. - Pas d'armure
So Nyeo Shi Dae - Run Devil Run
Kavinsky - Testarossa Autodrive [SebastiAn Remix]
NOFX - The Decline
Ministry - Thieves
The Seatbelts - TANK!
Hans Zimmer & James Newton Howard - Why So Serious
Birdy Nam Nam - The Parachute Ending
Venetian Snares - Felbomlasztott Mentokocsi
Beyoncé - Crazy In Love
Noir Désir - Johnny Colère
Vic Chesnutt - Everything I Say
Craig Armstrong, Nelle Hooper & Marcus De Vries - O Verona (Reprise)
Bérurier Noir - Petit Agité
Guyz Nite - Die Hard
Teddybears Stockholm - Cobra Style
Panpan Master - Fujiko
Motorhead - Ace Of Spades
Little Boots - Remedy
Vegastar - Elle blesse [Para One Remix]
Louis XIV - Guilt By Association
LCD Soundsystem - Big Ideas
Nada Surf - Blankest Year
Serge Gainsbourg - Bonnie & Clyde
Poni Hoax - L.A. Murder Motel
The Vines - Ride
The Transplants - Tall cans In The Air
The Meteors - Johnny Remember Me
Beastie Boys - Sabotage
Justin Timberlake - Lovestoned/I Think She Knows [Justice Remix]
The Adverts - Gary Gimore's Eyes
Daft Punk - Rollin' & Scratchin'
Thee Silver Mt. Zion - 1,000,000 Died To Make This Sound
Einstürzende Neubauten - Krieg In Den Stadten
LCD Soundsystem - Movement
Weasel Buster Tribe - WBshow01
Dat Politics - My Toshiba Is Alive
Nirvana - Territorial Pissings
Rage Against The Machine - Killing In The Name Of [SebastiAn Late Night Laptop Edit]
Hushpuppies - Pale Blue Eyes
Eminem - Lose Yourself
Queens Of The Stone Age - Feel Good Hit of the Summer
Godspeed You Black Emperor! - Rocket Fall on Rocket Falls
Johnny Mandel - Suicide is painless
Laibach - Across The Universe
Ennio Morricone - The Ecstazy of Gold

Il faut ce qu'il faut.

dimanche 30 mai 2010

Dix moments awesome dans Lost

Lost, c'est fini et je ne vais pas vraiment vous faire l'affront d'une critique de ce très biblique series finale. Du coup, parce que ça reste une bonne série, malgré une saison 6 affreuse et pas mal d'inégalités, et parce qu'elle m'aura accompagné pendant six années, je vous offre un petit top 10 des moments les plus cools de Lost. Comme ça pour le fun. Parce que dire du mal c'est trop facile et on finira par parler des même trucs (Les tatouages de Jack, les intrigues de Sawyer, Charlie, le bouton, la saison 6, le final...) Et vous allez voir on parle pas mal de morts affreuses, de violence gratuite, de couples phares, de génies du mal et surtout de pErDUSA. Merci Ju, c'était super.1. La double mort de Juliet 5.16 et 5.17
Parce que si l'on met de côté le couple phare de la série (les très Shakespeariens Desmond et Penny), on a pu voir l'espace de quelques épisodes la formation d'un autre couple crédible et touchant. Pas de shipperisme à deux balles, pas de "ils sont trop choupis tous les deux", non juste de la crédibilité sans gnan-gnan. Et la (double) mort de Juliet reste le point d'orgue de cette histoire. Avec en prime le cliffhanger le plus stressant et jouissif de ses dernières années.

2. Desmond et Penny au téléphone, comme prévu. 4.05
Parce que cet épisode met en avant les meilleurs acteurs/personnages de la série (Desmond, Penny, Faraday). Parce que le voyage temporel n'a jamais été aussi bien utilisé dans une série (mais après ils ont fait les cons avec des histoires de disque qui dérape et de saignements de nez). Parce que Desmond et Penny forever (l)(l)(l).

3. Sayid tire une balle à bout-portant dans la poitrine d'un gamin de 12 ans 5.10
Le tireur a beau être un ex-tortionnaire torturé et le gamin un futur génie du mal, la scène reste d'une rare violence. Pas d'artifice, pas de hors-champ prude, pas de regret éternel, juste le visage impassible de Sayid. Et quand on se dit qu'elle est passée en prime-time sur un network américain, c'est encore plus fort.

4. "Not Penny's boat" 3.21, 3.22 et 3.23
Même si le hobbit énervait tout le monde l'épisode qui lui est consacré avant sa mort restera à ce jour la meilleure utilisation des flashbacks dans la série. Et que dire de toute la scène anxiogène dans la station sous-marine avec les bonasses, le russe borgne et le "Not Penny's Boat". So sad
5. Ben Linus, génie du mal 2.23 et 2.24
Difficile de sortir une scène du lot. Ben contre Locke. Ben contre Jack. Ben et les lapins. Ben contre Juliet. Ben et Alex. Ben qui monte une colline. Ben qui dit à Widmore qu'il va tuer sa fille. Il reste tout de même ce retournement de situation de ouf malade en fin de saison 2. Henry Gale = Ben Linus = supervillain ! Il sauve à lui tout seul la saison 3 de la débâcle.

6. L'exécution d'Alex 4.09
En rapport direct avec le précédent paragraphe, on trouve le moment où Benjamin se rend compte que bosser pour Locke n'est pas vraiment une partie de plaisir. Une scène intense, au talkie-walkie, avec un psychopathe total qui tient en joue sa fille et une issue noire, très noire. Intense.

7. Le minibus 3.10
Parce que des moments de franche rigolade il y en a pas eu beaucoup, mais les quatre copains bourrés à la bière périmée qui essayent de démarrer un van pourri c'était quand même fun. Surtout si c'était pour s'en servir pour écraser Les Autres un peu plus tard.

8. Ilana et la dynamite 6.10
Plus encore que celle du Pr. Artz (puisqu'un personnage apparu de manière magique trois épisodes plus tôt, et qui ne cesse de vous répéter que la dynamite c'est quand même super instable, ne pouvait finir autrement) c'est la disparition soudaine et violente de la pauvre Ilana en plein milieu de son argumentaire qui a provoqué mon plus beau fou rire incrédule devant la série. Et que ça confirme définitivement qu'on est devant une série un poil machiste n'est qu'un bonus agréable.

9. La chaise roulante de Locke 1.04
Un cliffhanger hallucinant, une révélation lourde et un Terry O'Quinn qui commence à faire ses preuves en mec un peu chelou. J'aurai pu choisir d'autres scènes de Locke (la mort de Boone, le bouton, sa transformation en smoke monster...), mais celle-là reste de loin ma préférée.

10. Desmond dans la trappe/Desmond dans le passé 2.01, 2.02 et 3.08
Dans le premier, on découvre le meilleur personnage de Lost (avant la saison 6), ses habitudes d'ermite (il écoute quand même de la bonne musique) et son bagout d'écossais ("Bloody!", "Brotha!"). Dans le deuxième, la science-fiction fait une entrée fracassante dans la série, on découvre enfin la rencontre du couple phare et on fait connaissance avec le deuxième Supervillain : Charles Widmore.

Et en vrac : Le beurre de cacahouète invisible, parce que c'était mignon. Le catch dans la boue, parce que c'était sexy. Le lave-vaisselle de Sayid, parce que c'était marrant. Paolo et Nikki. L'île qui disparait. La cravate de Faraday. Les morts de Boone, Faraday, Shannon, Nadia et Jacob. Sawyer qui tabasse le Docteur Ducon, parce qu'il fallait le faire. Jim LaFleur et sa fine équipe. Jack qui regarde du baseball à travers une vitre. La découverte du garde manger par Hurley. Les répliques de Shannon... Et le réveil après le crash (bah oui quand même).

dimanche 23 mai 2010

Summer In the city

Il fait beau, les petits culs chantent dans les rues ensoleillées et la chaleur abrutirait n'importe quel gugus. Et même si je reste enfermé pour réviser, cet été qui arrive plus tôt que prévu joue forcément sur mon état d'esprit. Du coup j'écoute des trucs niaiseux, de jolies reprises, et des morceaux qui sentent bon le muguet et la cerise. Je vous ai surement déjà parlé du meilleur groupe de pop du monde, les Delgados. Une jolie bande d'écossais comme on en fait plus. Et bien j'ai découvert que ces petits filous avaient repris, au détour d'une session BBC chez John Peel (On peut aussi trouver une reprise des Dead Kennedys, California über alles, dans cette même session), le seul bon morceau d'Electric Light Orchestra, Mr Blue Sky. . Celui-là même qui vous prend la tête à chaque fois que vous voyez l'une des pubs d'un certain marchand d'abonnement téléphonique. Un morceau qui donne envie d'aller au grand parc pour bronzer, se balader sur les quais et manger des crèmes glacées trop chères. Un morceau qui marche très bien contre la gueule de bois aussi (ça et les œufs à la coque à peine cuit, le dentifrice et trois litres de coca). Il fait beau, c'est l'été, on boit de la citronnade et j'irai presque réviser au café Ailleurs sur la place du parlement si j'avais pas la flemme de mettre un pantalon.

jeudi 6 mai 2010

Des chiffres et des lettres

France de merde. Les épiceries qui restaient ouvertes jusqu'à tard dans la nuit (au niveau de la porte de Bourgogne) sont maintenant obligées de fermer leur rideau à deux heures. Les salles de concert ne sont plus subventionnées. Les voisins appellent les flics au lieu de venir dire qu'il y a trop de bruit. Et dans un centre-ville animée, le moindre pet de mouche te vaut une convocation au tribunal. Que j'ai hâte de vivre dans cette France maison de retraite ! Paris perd sa nuit. Rennes perd sa rue de la soif. Toulouse interdit l'alcool sur la voie publique 365 jours par an. Et personne ne trouve à redire. Dans une époque où le principal problème du tenancier de bar c'est le voisinage pas content, je me demande bien ce qu'il va se passer dans dix ans. Et ce sont les même vieux qui se plaignent du bruit qui t'empêchent d'accéder à un emploi correct parce qu'ils s'y sentent bien. Et c'est pas parce qu'ils ont fait mai 68 que maintenant ils vont se casser le cul à faire de la place à la jeunesse. L'Europe est vieillissante et il va falloir attendre longtemps avant de voir les baby-boomers abandonner le pouvoir, les emplois et le pognon. Il serait plus que temps d'abandonner le navire et de les laisse crever dans leurs déjections ou de faire une mutinerie (même si je n'ai jamais été grandement révolutionnaire). Parce que finalement on sera bien dans des villes où les emplois seront effectués par des grabataires, où la politique culturelle se désintéressera totalement de la diversité (et c'est pas pour ça qu'on aura des places moins chères à l'opéra), où les bars fermeront à 23 heures pour mieux nous envoyer vers des boites minables en banlieue. Dans l'Europe idéale de demain, des centre-villes agréables débarrassés de toutes les minorités accueilleront tous les touristes enthousiastes de dépenser leur argent. Et ceci avant 23 heures bien sûr. Vivement demain.

Et oui, ce blog ne publiera plus que des messages bourrés et aigris.

samedi 1 mai 2010

Le Sud

Changer de ville devient vital. Les même projets de soirée quoi que Dieu fasse, les même gens, les même lieux... C'est usant. Le Sud et ses cartes postales, son accent pittoresque, son climat facile, ses gens désagréables, ses cerises en avril, son bon vin, ses ferias, ses basques, ses toulousains... Je veux du froid, de la chaleur humaine et de la bière dégueulasse. Je rêve de New York, Londres et Mumbai mais Paris, Strasbourg, Bruxelles et Lille suffiraient amplement. Un endroit avec de vrais concerts chaque semaine, de vrais bars avec de la bonne musique, de vraies soirées où l'attraction ne serait pas l'erasmus du Honduras. La distance est une putain qui me sépare de trop de gens intéressants qui ne daignent pas forcément se ramener dans le sud. Et je les comprends. Comme je ne comprendrai jamais ceux qui vivent dans ce putain de Sud et qui en sont satisfait quoi qu'il arrive. Il faut vraiment avoir peu d'ambition (ou peu de moyens) pour souhaiter vivre à tout jamais dans une ville de province. Et quoi qu'en dise le "nouveau" plan de décentralisation, Marseille, Nice ou Limoges n'arriveront jamais à la cheville de Paris. Malgré le PSG, les cons, le métro, le mauvais temps et les cafés trop chers. Même une autre ville de province moins éloignée suffirait. Mais bon, je suis bourré et la raison l'emportera demain. Un déménagement si loin, ça coute une blinde et je suis pas trop mal à Bordeaux. La solution est simple : j'y vais en stop.

Mais ceci dit, j'adore Nino Ferrer.

mardi 27 avril 2010

Kick-Ass, blockbuster de l'année

Dave est lycéen, pas très athlétique, pas très beau, pas très intelligent non plus... bref c'est un geek banal qui lit des comic books et qui se fait taxer son fric à la récré. Un jour, il décide de devenir un super héros. Comme ça sur un coup de tête. Kick-Ass, le nom de scène de Dave, n'a pas pas de pouvoirs, pas d'argent, ni de nobles motivations, juste une envie irrépressible de botter des culs, ce qui ne va pas être simple vu comment il est taillé. Néanmoins, il ne restera pas seul très longtemps puisque vont s'ajouter à la bande un père vengeur et sa fille de 11 ans, beaucoup plus efficaces dans le découpage de truands, et un petit con friqué dont le seul pouvoir est d'avoir une grosse voiture rouge.

Autant le dire tout de suite : Non, Kick-Ass ne révolutionne pas le film de super-héros. La voix off du personnage principal c'est sympa pour se moquer de Spiderman, mais quand il sort des banalités pendant 25 minutes, ça l'est moins. Surtout quand le film se contredit. C'est pas bien grave tu me diras, mais le personnage principal évoque le manque de pouvoir et de traumatisme originel... Or, les quatre protagonistes vont devoir passer par ce traumatisme pour gagner une motivation. Celui de Red Mist est tardif, celui de Hit Girl est double, celui de Big Daddy intervient bien avant le début de l'histoire et même Kick-Ass a le sien. S'il n'est pas aussi psychologiquement violent que celui des trois autres, il y gagne un pouvoir (deuxième contradiction pour le coup) : celui de pouvoir encaisser de multiple coups dans la gueule sans ressentir de douleur. Et c'est déjà pas mal, même si ça vaut pas l'invisibilité.

Derrière la lourde étiquette méta que se trimballe le film entre teen movie, film de vigilante bad-ass et parodie gentillette de superhéros, Kick-Ass arrive à insuffler au genre une grande dose de cool et de violence graphique. Les plus fragiles seront sûrement choqués par les cascades d'hémoglobine, les grossièretés débitées à la mitraillettes, les balles dans la tête et les séances de torture plus qu'affreuses (il me faut ce micro-ondes). L'éternel débat sur la violence gratuite va être relancé un peu partout. Même si on est quand même bien loin des scènes de la trilogie Old Boy et cie, comme c'est un blockbuster, les personnes saines d'esprit vont se demander quel plaisir peut bien prendre une bande de geek à voir une gamine de 12 ans massacrer une bonne cinquantaine de mafieux pathétiques. Et je peux vous répondre maintenant, le plaisir est énorme.

Ce qui gêne le plus le chaland semble être la non-dénonciation de la violence et le manque de recul par rapport à la violence, cruelle, dont font preuve les personnages de Big Daddy et Hit Girl. Alors qu'ils sont estampillés « gentils », le père et la fille s'abaissent au niveau de leurs proies en les massacrant allègrement sans espoir de négociation et de reddition. Au contraire, je trouve pourtant « rafraichissant » de trouver des héros sadiques dans un film à si grand public où la question de la violence est laissé à l'appréciation du public qui n'a pas forcément besoin de se faire prendre par la main pour trouver ça dégueulasse.



Si vous n'êtes pas encore convaincu qu'il faut aller voir Kick-Ass, l'équation est pourtant simple : sales gosses + langage ordurier + scènes de baston phénoménales + humour geek = le summum du cool version 2010. Un film pop gorgé d'humour noir, cool, grandiloquent, provocateur comme il faut où l'essentiel restera le beau duo d'acteur formé par Chloe Moretz, superbe en héroïne sans scrupules, et Nicolas Cage qu'on avait pas vu aussi juste depuis des années. Show's over, motherfuckers.

Sans transition aucune, la même semaine au cinéma, il y a avait aussi Mammuth et j'en dis du bien sur aqui.fr.

lundi 19 avril 2010

Le classement des séries - S01E04 (le sprint final)

Enfin de retour après une trop longue absence, le classement des séries se tape une orgie de nouvelles séries qui dépotent. Du coup, les plaisirs coupables prennent un coup dans l'aile et cela avant même l'entrée de la nouvelle série phare d'HBO : Treme. Le pilote de 80 minutes avec accent du sud à couper au couteau sans sous-titres, ça attendra un peu. En attendant, la plupart des séries entament leur sprint de fin de saison et Lost n'a plus qu'une poignée d'épisodes pour devenir culte. On prend les paris ?


1. Community - Saison 1 (=)
J'ai déjà tout dit sur le sujet. Cette série est géniale, point barre. Si vous ne la regardez pas, vous êtes insensibles, neuneus et très moches. La place de champion est pour elle, mais attention à la concurrence : Breaking Bad et Treme arrivent en force.

2. Breaking Bad – Saison 3 (entrée)
Entrée fracassante de Walter White dans le classement ! Toujours aussi bien rythmée, bien filmée, bien dirigée, la série ne perd pas de temps pour poser les bases de cette saison. Des jumeaux démoniaques, un Jesse taciturne, une Skyler seule contre tous et toujours Bryan Cranston en roue libre. Définitivement la meilleure série dramatique du moment.

3. House - Saison 6 (-1)
En grande forme. La série revient comme d'habitude en fin de saison sur les intrigues en jeu sans pour autant abandonner les histoires qui se tiennent sur un seul épisode. Cuddy est à l'honneur dans deux épisodes où House ne fait que de la figuration. Et il suffira à Foreman de prendre de la drogue pour qu'il devienne subitement sympathique (pour un temps). De nombreux bons épisodes, mais une série toujours pas assez constante pour briguer la place de champion.

4. South Park – Saison 14 (entrée)
Un démarrage bien meilleure que celui de la saison précédente. Tout y passe : le cannabis en vente libre contre le KFC, Facebook contre Chatroulette, les livres à succès, Tiger Woods... Et bien sûr ce somptueux 200ème épisode qui se paye le luxe de réinviter cordialement toutes les célébrités trainées dans la boue pendant 14 années mais aussi de finir sur exactement le même cliffhanger que la première saison.

5. The Office - Saison 6 (-2)
C'est un peu plan-plan en ce moment, malgré le très bon dernier épisode diffusé : Happy Hour. Écrit par BJ Novak, de nombreux personnages oubliés regagnent leur titre de noblesse. Tout se met en place pour une fin de saison qui va créer des tonnes de couples. Ca va shipper dans les chaumières.

6. Cougartown - Saison 1 (=)
Toujours aussi agréable à regarder. Pas grand chose à dire de plus.

7. How To Make It in America – Saison 1 (entrée)
Aussitôt entrée, aussitôt sortie, la nouvelle série cool d'HBO ne durant que huit épisodes sans interruption, elle ne reste donc pas très longtemps ici. Pour ceux qui avaient loupé le début, j'ai déjà fait un post sur la série. A la fin de saison, le cynisme l'emporte sur le clinquant et on s'est vraiment attaché aux trois personnages principaux masculins. Oui, parce que les malheurs de la petite fille riche là, on s'en tamponne le coquillard.


8. Lost – Saison 6 (entrée)
Le grand retour pour la dernière saison. Une saison qui lorgne vers la fan fiction avec des retours de personnages totalement incongrus, des seconds rôles inutiles, un casting principale qui ne participe qu'à moitié, des scènes inimaginables de connerie, des flashs qui servent encore plus à rien que d'habitude et une intrigue qui n'avance pas d'un poil. Malgré cela, Ilana qui explose de manière inattendue c'était totalement jouissif. En espérant un mieux pour le sprint final.

9. White Collar - Saison 1 (-4)
Je vous avoue que mon intérêt pour cette série à complètement disparu à partir du moment où l'on se rend compte que le cliffhanger de la mi-saison ne servait à rien. Les épisodes se laissent regarder mais une saison c'est trop long avec une intrigue principale qui stagne. Du coup, dégringolade dans le classement.

10. The Simpsons - Saison 21 (-1)
Contrairement à ce que j'avais annoncé, il y a du mieux. Si l'on excepte l'affreuse escapade à Jerusalem, les Simpsons ne recycle presque plus, font revivre certains personnages secondaires et Lisa a enfin des lignes de dialogue intéressantes. Comme s'il suffisait de passer le cap des 20 ans pour être débarrassé du poids.

11. How I Met Your Mother - Saison 5 (-1)
Contrairement à leur comparses geek, les trentenaires new-yorkais amusent encore. Sans trop forcer, les épisodes se suivent sans être catastrophiques ou géniaux. En attendant, la (surement très faible) révélation de la fin de saison.

12. V - Saison 1 (-5)
L'exemple typique de la série inégale qui se contredit toutes les vingt minutes. On a de plus en plus l'impression d'être devant Heroes malgré le talent d'Elizabeth Mitchell qui doit bien se demander ce qu'elle fout là. En prime, les pires effets spéciaux télévisuels depuis des lustres.

13. The Big Bang Theory - Saison 3 (-5)
Comment une série avec seulement cinq personnages principaux peut être atteint du syndrome de Lost ? Toujours aucune intrigue digne de ce nom pour Raj ou Wolowitz et la série semble dangereusement se concentrer uniquement sur les cabotinages de Sheldon. Du coup, on se fait chier.

14. Scrubs - Saison 9 (-1)
Série annulée. C'était pas bien, merci. Au revoir. En espérant revoir Eliza Coupe dans une bonne série l'année prochaine.

15. Glee - Saison 1 (-3)
J'ai même pas osé regarder l'épisode de reprise.